Depuis l’aube des temps, deux thèses philosophiques s’opposent radicalement sur la question du bonheur…

«Depuis l’aube des temps, deux thèses philosophiques s’opposent radicalement sur la question du bonheur.

La première thèse défend l’idée que le bonheur guide toutes nos actions ; on peut l’identifier et même le définir de manière claire et distincte ; il peut être durablement accessible à tous, et ce pour une raison de fond: il ne dépend pas des autres ni de l’état du monde extérieur, mais d’abord et avant tout de nous-mêmes, de notre capacité à nous mettre en harmonie avec notre moi profond.

La seconde approche est que, bien entendu, nous cherchons tous a priori plutôt le bonheur que le malheur, mais à la différence du malheur, le bonheur est par essence indéfinissable et non identifiable. Nous ne pouvons jamais être absolument certains de ce qui va nous rendre durablement heureux, que ce soit l’argent, l’amour, la réussite sociale, l’intelligence, la culture, les connaissances : tout ce qui apporte de la joie peut se renverser en son contraire. En outre, en admettant même qu’on puisse se forger pour une période de sa vie une idée approximative du bonheur, il n’en restera pas moins qu’il dépend infiniment moins d’un travail de sagesse sur soi que de l’état du monde extérieur et du sort des autres, notamment de ceux que nous aimons.

Personnellement, je me situe clairement du côté de cette thèse parce que je préfère la lucidité aux illusions, que je crois toujours dangereuses.»

(Luc Ferry)

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