Un journaliste libre […] ne publie rien qui puisse exciter à la haine ou provoquer le désespoir…

« Un journaliste libre […] ne publie rien qui puisse exciter à la haine ou provoquer le désespoir. […] En face de la marée montante de la bêtise, il est nécessaire également d’opposer quelques refus. […] Un journal libre se mesure autant à ce qu’il dit qu’à ce qu’il ne dit pas. Cette liberté toute négative est, de loin, la plus importante de toutes, si l’on sait la maintenir. Car elle prépare l’avènement de la vraie liberté. […] Un journal indépendant répudie le bourrage de crâne, supprime les invectives, pallie par des commentaires l’uniformisation des informations et, en bref, sert la vérité dans la mesure humaine de ses forces. Cette mesure, si relative qu’elle soit, lui permet du moins de refuser ce qu’aucune force au monde ne pourrait lui faire accepter : servir le mensonge. »
(Albert Camus)