La traite des vaches « Salers » à l’estive…

La traite à l’estive.

Dès le lever du jour, la cour de la ferme était en effervescence. Les préparatifs étaient terminés et déjà « Pompon », l’âne, tirait la charrette avec vaillance sur un sentier pierreux, escarpé et pentu de la montagne. Ainsi, il montait au buron rejoindre le troupeau de vaches « Salers ». Il était accompagné par les jeunes veaux, lesquels étaient suivis du fermier et d’un ouvrier vacher. L’âne marchait toujours en tête ; il faut croire qu’il connaissait le chemin par cœur. Une fois arrivé au buron, notre équidé, toujours attelé à la charrette, attendait stoïquement un nouvel ordre. Un couloir bien aménagé permettait aux hommes de conduire les jeunes veaux dans un parc. Les trente mères étaient là, de l’autre côté du parc, meuglant de concert avec leur progéniture. Le père de la même race était un peu à l’écart, comme indifférent au manège qui allait suivre. Chacun des deux hommes avait pris soin d’enfiler un sur-pantalon, de se ceinturer à la taille, sur le devant une petite musette remplie de sel et à l’arrière une selle en bois muni d’un pied central. Chacun d’eux prenait également un seau et une corde.

La traite pouvait commencer. A l’appel de son nom « Frisade », la première vache, s’était approchée du fermier qui tenait entrouverte la porte de l’enclos où étaient les veaux. D’instinct, un veau qui avait réagi se présentait à la porte. Il n’y avait pas d’erreur, le fermier, qui l’avait également reconnu, le laissait donc sortir. Le veau ne se faisait pas prier et filait tout droit vers sa mère pour attraper une tétine, toujours la même d’ailleurs. La mère, toute heureuse, avait droit à une pincée de sel. Son lait descendait dans les mamelles. Très vite, le fermier stoppait la tétée en éloignant le veau et en l’attachant à un pieu proche du museau de sa mère. Ainsi celle-ci pouvait prendre soin de sa progéniture en la léchant et le fermier pouvait tirer le lait des trois autres tétines en toute quiétude, bien assis sur sa selle à un pied. Quand il le jugeait bon, le fermier s’arrêtait et libérait le veau qui terminait sa tétée. De son côté l’employé, faisait de même avec « Jolie », la deuxième vache appelée flanquée de son veau. Il en était ainsi jusqu’à la fin de la traite de toutes les mères qui avaient toutes un nom et un veau. Chaque seau de lait était vidé dans un tonnelet en bois, muni sur le dessus d’un linge propre qui servait de filtre, et d’un couvercle bien fixé qui permettait une fermeture hermétique. Ce tonnelet de 150 litres environ était bien calé sur la charrette tirée par l’âne, qui avait, lui, maintenant, l’ordre et la rude tâche de redescendre l’ensemble sans encombre à la ferme, où les femmes attendaient pour faire le beurre et les fromages.

Louis (souvenirs d’enfance, année 1953)

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